23OCT
2009
Joss Stone – Color me Free! (review)
En 2003, âgée seulement de 16 ans, Joss Stone a surpris la planète musicale avec son premier album The Soul Session, une compilation de reprises de classiques soul qui retint l’attention grâce à la l’impressionnante voix de la jeune britannique.
Depuis, Joss Stone a fait son chemin. Après Mind, Body and Soul, un second album qui confirma l’univers soul et la puissance vocale de la chanteuse, Joss s’isola aux Bahamas pour écrire son troisième album, Introducing Joss Stone. Écrit aux côtés de Raphael Saadiq (notamment connu pour avoir fait partie des groupes Tony! Toni! Toné! et Lucy Pearl, et pour ses collaborations avec les grands noms de la musique noire américaine actuelle), ce troisième opus est un savant mélange de soul vintage, d’influence Motown et d’ambiance hip-hop qui connu le haut des charts dans de nombreux pays. Décrit par Joss Stone comme un album reflétant au mieux sa personnalité musicale, la native de Devon (Grande-Bretagne) nous a offert un palette de 14 titres d’une qualité musicale digne des grands noms de la soul.
Après quelques problèmes avec sa maison de disques, Joss réussit finalement à sortir son quatrième album, Colour me Free ! (disponible cette semaine dans les bacs). Fidèle à son univers de prédilection, cet album reflète bien l’ambiance soul et la puissance vocale de Joss Stone. Mais, cet opus permet également à l’anglaise de toucher à d’autres style musicaux. Passant de la soul au teintes jazzy en déviant par la pop et le blues, Joss Stone nous offre un album éclectique.
Comme dans ces précédents albums, elle nous apporte de belles compositions (Could Have Been You, Lady, Incredible), s’associe à Raphael Saadiq sur Big ‘ol Game pour faire revivre les teintes old school de la soul et joue le jeu de la chanson engagée sur Governmentalist (en featuring avec le rappeur Nas).
Après sa remarquable réappropriation de Fell in Love with a Boy, la reprise des White Stripes qui fut son premier single en 2003, Joss Stone réitère l’exercice de la reprise sur You Got the Love (interprété à l’origine par Candi Staton) sans toutefois atteindre le même niveau d’originalité qu’elle l’avait fait auparavant.
Sur Stalemate (en featuring avec le musicien anglais Jamie Hartman) et Girlfriend on Demand, deux morceaux d’une banalité qui baisse quelque peu le niveau général de l’album, Joss Stone quitte la musique noire américaine pour se fondre dans la masse d’un univers pop qui n’étonne plus.
Là où Joss Stone surprend, c’est en touchant, pour la première fois sur un album, au jazz et au blues. Sur le morceau 4 and 20, elle adopte les ambiances qui ont fait le succès de chanteuses comme Norah Jones ou Melody Gardot. Quant au blues, c’est sur l’excellente reprise de Donny Hathaway, I Believe It To My Soul (en featuring avec le saxophoniste américain David Sanborn), qu’elle tente l’expérience. Avec ces deux styles qui, sans être à l’opposé, forment une tendance musicale distincte de la soul, Joss Stone nous prouve qu’elle est avant tout une chanteuse de talent qui sait s’adapter et apporter une touche personnelle à sa démarche artistique.
En définitive, Colour Me Free surprend sur beaucoup de plan. Dans la lignée de ses prédécesseurs, Joss Stone réaffirme son amour de la soul et de la performance vocale. Il nous apporte également une image mitigée de ce qu’elle est capable de faire en dehors de ce style. Malgré les morceaux pop stéréotypés, elle se renouvelle dans une voie musicale, avec le jazz et le blues, qui semble lui promettre une évolution artistique intéressante. Très loin du niveau de Introducing Joss Stone, l’anglaise nous livre toute même un album agréable à écouter qui ne manquera pas d’occuper une belle place dans votre collection de disques.
par Sophia Bischoff via courrier@reprezent.ch
